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A Collection of Greek and Roman sculptures
dimanche 25 mars 2012
Matisse, l'art de la répétition
Par Valérie DuponchelleMis à jour | publié Réagir
Quel «Luxe» ! - Stylisé, plein comme la pierre et monumental comme une sculpture grandeur nature, Le Luxe II (1907-1908) est un tableau si important dans l'œuvre de Matisse qu'il est lié directement à deux de ses icônes : La Danse II (1910), trésor du Musée de l'Ermitage à Saint-Pétersbourg, et L'Atelier rouge (1911), trésor du MoMA à New York, qui inspira Rothko dans sa série rouge sang du Seagram Building. Ce Luxe II, Matisse l'a d'ailleurs représenté, tableau dans le tableau, comme l'œuvre maîtresse de L'Atelier rouge peint à l'automne 1911, comme de L'Atelier rose peint au printemps (Musée Pouchkine, ancienne collection Serguei Chtchoukine).La même cimaise marie ici les deux versions comme les deux réponses à une recherche formelle. Le Luxe I (1907), tout en touches suaves que permet la peinture à l'huile, seins roses de la déesse, dos vert amande de la servante qui lui essuie les pieds, mauve de l'horizon qui oscille entre le gris doux et l'amorce du vert céleste (Centre Pompidou). De format, de sujet et de composition identiques, Le Luxe II est une détrempe sur toile peinte au retour d'Italie, sous l'influence de Giotto, une technique qui accentue la matité des à-plats très secs. Le dessin continu et tonique souligne cette platitude lisse de la matière picturale, ce hiératisme volontaire des formes, et crée une modernité étonnante pour 1907. Le collectionneur Johannes Rump pensait avoir acheté le premier en 1917 et fut décontenancé par le second. C'est aujourd'hui une des gloires du Statens Museum for Kunst de Copenhague. (Lucien Lung pour Le Figaro/Succession H.Matisse)
En confrontant les toiles sœurs du «peintre inquiet du bonheur», le Centre Pompidou décrypte son processus créatif.
Comme toute discipline qui vise la perfection et le renouveau, il se débusque par la recherche incessante, la critique et la répétition, répond cette exposition conçue d'emblée avec un angle. L'essai pictural en seulement 60 tableaux et 40 dessins est un vrai antidote à la surdose souvent de mise. Vu les tableaux de légende mis en couple pour étayer l'hypothèse, la leçon d'histoire de l'art a tout de la promenade sur l'Olympe.
Scénographie aérée
«Pour une étude préliminaire, j'utilise toujours une toile de même taille que celle destinée au tableau définitif, et je commence toujours par la couleur, confiait Henri Matisse à la journaliste américaine Clara MacChesney, en visite dans son atelier d'Issy-les-Moulineaux en juin 1912. Je ne retouche jamais une étude ; je prends une nouvelle toile de la même taille, comme il m'arrive de changer un peu la composition. Mais je m'efforce toujours de rendre le même sentiment tout en allant plus loin. Une toile devrait toujours, selon moi, être décorative. Quand je travaille, j'essaie de ne jamais penser, seulement de sentir.»La parole de l'artiste allège la visite qui s'abstient d'une avalanche de textes explicatifs. La scénographie est aérée, la couleur dosée comme un indice. Il suffit de regarder. Les tableaux s'éclairent mutuellement. Ils se ressemblent parfois aussi peu que des frères comme ces trois Pont Saint-Michel à Paris, peints autour de 1900: ils semblent être de la main de trois peintres différents.
Quand Matisse peint au printemps 1914 son Intérieur, bocal de poissons rouges, le soleil irradie le quai Saint-Michel de sa lumière de fin d'après-midi (Centre Pompidou). Quand il y revient à l'automne 1914 via Poissons rouges et palette, la mobilisation a été décrétée le 1er août, dans une France en pleines moissons. Le noir a envahi la composition, l'homme ne s'y lit plus qu'à travers un code formel, la douceur des jours s'est évanouie, la nature morte mérite son nom. C'est l'une des gloires du MoMA de New York.
Un petit rien qui change presque tout. Là encore, la confrontation des deux huiles sur toile est une exploration en direct d'un esprit qui crée, contemple et invente encore. À l'été 1912, Matisse peint une nature morte dans son atelier d'Issy-les-Moulineaux. Une chaise en bois avec un coussin en tissu, un vase de capucines posé sur une sellette de sculpture. En arrière-plan, La Danse: la première version (1909), toute bleu azur, herbe émeraude et chair douce aux accents nacrés, enivre les visiteurs du MoMA; la seconde (1910), vigoureuse, tonique et fauve à la chair orangée, ceux de l'Ermitage à Saint-Pétersbourg. En reprenant ces Capucines à la danse même composition et même format -, il se décale légèrement sur la droite, petit rien qui change presque tout. La chaise au premier plan devient une demi-abstraction, la sellette une peinture en 3D que met en relief l'utilisation inversée du rose et du vert. Les danseurs à la carnation intense sur ce bleu plus dense jaillissent du mur. L'examen aux rayons X de la seconde version montre qu'elle ressembla d'abord beaucoup à la première, avant d'évoluer vers une audacieuse liberté synonyme de modernité affirmée. Les historiens évoquent la visite du Russe Chtchoukine dans l'atelier d'Issy-les-Moulineaux et la confrontation de ces nouvelles Capucines avec Conversation et Coin d'atelier, tout en intensité chromatique et en diagonales, dans la salle à manger du collectionneur. L'œil fait l'artiste qui en tira sa leçon. (Lucien Lung pour Le Figaro/Succession H.Matisse)
La vie en bleu - Il y a de l'éblouissement dans l'air lorsque s'achève cette promenade matissienne devant la série des Nu bleu I, II, III et IV, réalisée à l'hôtel Regina de Nice au printemps 1952. Grâce à cette exposition négociée au sommet dans le cercle fermé des plus grands musées du monde, voici une parentèle rarement réunie qui vaut toutes les leçons de peinture. Le Nu bleuI, stylisé à l'extrême comme l'acrobatie d'une danseuse, vient de la Fondation Beyeler à Bâle. Les Nu bleu II et Nu bleu III ont la rondeur féminine des Tahitiennes aux gorges pleines, galbe souligné de vide par le seul jeu du ciseau. Elles sont des déesses modernes du Centre Pompidou depuis 1984 et 1982. Enfin, le Nu bleu IV ne mérite pas son numéro, car il est celui qui a donné naissance, par sa gestation complexe des volumes, à tous les autres. Le Musée Matisse de Nice a prêté cette merveille qui démontre le travail pensé et soupesé de Matisse. Le peintre procède à un collage très étudié de papiers gouachés et découpés pour obtenir ses à-plats monochromes et le mouvement réduit à son essence. Les traits au fusain courent sur la feuille de papier (102,9 × 76,8 cm). L'élan spontané comme un jeu d'enfant qui anime les trois autres nus bleus est, en fait, la somme d'une recherche expérimentale rigoureuse. Crédits photo : Lucien Lung pour Le Figaro/Succession H.Matisse
«Matisse. Paires et séries», Centre Pompidou, jusqu'au 18 juin. À lire: «Matisse, le ciel découpé », Citadelles & Mazenod, 59 €. Le Musée Matisse, à Nice, présentera une exposition à partir du 15 juin.
LIRE AUSSI:
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http://www.lefigaro.fr/culture/2012/03/08/03004-20120308ARTFIG00819-matisse-l-art-de-la-repetition.php
Traverses
Idées, rencontres, lieux — des réflexions du philosophe Yves Michaud.
10/03/2012
Robert Combas au Musée d'art contemporain de Lyon: jubilatoire!
Lyon, jour de printemps avant le printemps, avec un vent du nord froid qui traverse la ville par le Rhône. Pour moi, c'est toujours la ville qui nous introduit à l'Europe centrale et continentale, sans souci d'attirer le touriste – le panorama de la colline de la Croix-Rousse est toujours aussi disparate, avec son mélange de grandes maisons ouvrières, de barres d'immeubles pas chers des années 1960 et d'espaces en dents creuses.
J'ai profité de mon passage pour aller voir l'exposition de Robert Combas au Musée d'art contemporain (MAC).
Trois étages de débordements picturaux, 3000 m2 et 200 tableaux, plus je ne sais combien de dessins, gribouillages, sculptures et petits grigris.
C'est un rétrospective sans l'être: comme on l'annonce à l'entrée, on commence par le début (fin des années 1970) et on finit par la fin, c'est-à-dire aujourd'hui; mais le déroulement chronologique est cassé par des salles thématiques : batailles, nus, gangsters, souvenirs de Sète, fleurs, religion etc., etc. Il faut dire que tout y passe dans ce torrent d'images et de personnages – qu'ils viennent de la BD, du rock, de l'histoire, de l'actualité, du fait-divers, des souvenirs d'enfance, de l'art.
Le résultat est jubilatoire et le public nombreux dans les salles partage visiblement cette jubilation.
Il y aurait des tas de choses à dire mais trois choses m'ont frappé.
D'abord l'incroyable vitalité et productivité d'un artiste qui pisse de la peinture comme un feuilletoniste des histoires. L'exposition est surchargée, bourrée même, mais on devine qu'il y a beaucoup plus derrière tout ça, incomparablement plus. Sur un de ses manuels d'enfant, Picasso avait écrit "Pablo Ruiz, fabrica de dibujos" (musée Picasso de Barcelone). Ici c'est la Combas factory.
Seconde chose, la plus frappante pour moi: la fabuleuse culture d'un artiste inculte – inculte au sens des "gens-comme-il-faut-qui-ont-fait-les études-qu'il-faut". La culture de Combas est de bric et de broc mais c'est précisément ça qui est fort et dynamique. Combas a la culture de sa jeunesse rock et bd. Il a la culture populaire de son milieu et de sa ville d'enfance, Sète. Il a la culture de celui qui pioche partout où ça lui plaît – et surtout pas comme un étudiant sage auquel on a enseigné Picasso, Matisse, Poussin dans le bon ordre. J'énumère donc dans le désordre: Ben (l'écriture), Miro (figuration des années 1920), Dubuffet (faux naïf), Chaissac (gros visages-masques et planéité), Cobra et Appel (expression), Masson (massacres), Keith Häring (je remplis, je remplis, je remplis), Bioulès (les nuits étoilées), Matisse (hélas l'enseignement des beaux-arts, même quand on les a suivis à moitié), Toulouse-Lautrec (les bordels), Matthieu (les Capétiens partout) – sans oublier ce génial dessinateur et peintre comique Dubout avec ses émeutes de petits bourgeois constipés qui se bigornent devant des grosses femmes mafflues. Combas absorbe tout ça et bien d'autres choses, il s'empiffre comme un cannibale devant un buffet chic. On mesure avec lui tout ce que la France, à la différence par exemple de la Grande-Bretagne, perd à aller chercher même ses élites artistiques (les autres, on ne le sait que trop) parmi les héritiers de bonne famille qui croient avoir du vague à l'âme. Combas, c'est la déjante dans l'art – et enfin c'est vivant et ça y va.
Troisième chose: il y a évidemment à boire et à manger dans tout ça. Au tout début, c'est gonflé, vivant, déconnant, mais ça pourrait tourner court en en restant au gamin doué.
Dans les années 1980, c'est très fort, génial d'invention, de loufoquerie, de remplissage primitif, de logorrhée poétique. Les couleurs sont pétantes et la surface est bourrée comme un bouclier primitif ou une miniature indienne – mais à des échelles inconvenantes.
Dans les années 1990, ça mollit et frôle l'académisme. Combas se gratte un peu les aisselles (pour être plus décent que lui) en se demandant quoi faire et quoi peindre.
Et puis dans les années 2000, ça redémarre, avec même des moments de réussite incroyable comme dans les trois tableaux inspirés de Gaspard de la Nuit ou Le cheval noir. J'ai tendance à imputer ces hauts et ces bas non pas à l'âge et aux virages de la maturité (Combas a maintenant 54 ans), mais surtout aux variations de la demande sociale et à la force des retours du public (les feed-backs). Dans les années 1980, le succès est immédiat et énorme et Combas est évidemment stimulé par cette reconnaissance. Ensuite, cela retombe car la mode n'est plus à la Figuration libre avec l'arrivée des petits installationnistes bien propres sur eux qu'affectionne notre monde de l'art parisien officiel. Maintenant cela revient avec l'intérêt d'un marchand comme Pieters et ses collectionneurs belges amateurs d'expressions fortes.
Hormis quelques artistes moines qui ne peuvent pas ne pas faire ce qu'ils font, un artiste ne peut pas peindre dans le vide ou juste pour ses copains. Encore moins Combas. Il lui faut du retour. Désormais le retour est là et cette rétrospective y contribue encore.
Dernière chose, en ouvrant une autre perspective: toute cette production de Combas est inséparable de son autre vocation: le rock, surtout le rock punk des années 1970 et 1980. Le musée accueille d'ailleurs quelques concerts de Combas avec sa nouvelle formation des Sans Pattes. Le catalogue comporte une section très intéressante sur cette relation – mais on pourrait aller plus loin. La voie, heureusement, est montrée: il faut délaisser l'histoire de l'art et élargir à la culture vivante, à la manière de Greil Marcus.
On aura compris évidemment le message: si vous passez par Lyon allez au MAC et même: allez à Lyon avant le 15 juillet, jour de fermeture de l'exposition.
Commentaires
Jean Giraud : un géant du 9e art s'en est allé
Mots clés : MOEBIUS, BD, Jean Giraud, Mike Steve Blueberry
Par Olivier DelcroixMis à jour | publié Réactions (52)
Par Olivier DelcroixMis à jour | publié Réactions (52)
En 2008, à Poitiers. Crédits photo : ALAIN JOCARD/AFP
VIDÉO - C'était l'un des dessinateurs français les plus importants de sa génération. Jean Giraud alias Moebius est mort ce samedi à Paris des suites d'une longue maladie.
En 2009, à Paris. Crédits photo : FRANCK FIFE/AFP
Né le 8 mai 1938 à Fontenay-sous-Bois (Val-de-Marne), Jean Henri Gaston Giraud aura passé une enfance assez terne dans la banlieue parisienne. Fils de parents divorcés, le jeune Jean passe ses journées à dessiner des cow-boys et des Indiens. Il adore le cinéma et les westerns. Il réussit à publier sa première histoire, Les Aventures de Frank et Jérémie, dans la revue Far-West, à l'âge de 16 ans. Diplômé des arts appliqués, il travaille dès l'âge de 18 ans dans des revues pour enfants comme Cœur vaillant ou Fripounet et Marisette.
Après avoir effectué son service militaire en Algérie, Giraud devient l'élève de Joseph Gillain, l'auteur de Jerry Spring. Il commence à publier des westerns dans Spirou, notamment La Route de Coronado. C'est à ce moment qu'il se fait remarquer par Jean-Michel Charlier qui lui propose de dessiner les aventures du lieutenant Mike Steve Blueberry dans le journal Pilote. Sa série western lui assure très vite une grande notoriété. «À l'époque, expliquait-il récemment au Figaro, Jean-Paul Belmondo était un tel archétype, très nouveau dans l'imaginaire. Un jeune homme assez vilain, avec un nez cassé, mais une icône de la nouvelle vague. Moi qui étais féru d'avant-garde, j'ai voulu parrainer Blueberry sous ce signe-là, en m'inspirant de cette énergie brute!»
Sous le pseudonyme de Moebius (en référence au nom d'un mathématicien allemand créateur du ruban de Möbius symbolisant l'infini), le «Rimbaud de la BD», dixit Gillain, s'évade dans des univers délirants et fantastiques.
Ce qui lui vaudra d'être consacré «meilleur artiste en arts graphiques» par Jack Lang en 1985 et décoré de l'ordre des Arts et des Lettres par François Mitterrand. Un timbre postal français l'honorant et reproduisant une de ses créations sera également émis en 1988.
George Lucas s'est inspiré de lui pour Star Wars
L'importance de l'œuvre de celui qu'on surnommait «Dr Gir et Mr Moebius» n'est plus à démontrer. Le Janus de la BD franco-belge va laisser un très grand vide. On ne compte plus les dessinateurs du monde entier qui se sont inspirés de son style.Les Américains se sont aperçus très rapidement des multiples talents de Moebius. George Lucas s'inspire de ses visions futuristes pour La Guerre des étoiles. Ridley Scott travaille dès 1978 directement avec lui sur le premierAlien. Moebius crée ainsi en un temps record les combinaisons spatiales de Sigourney Weaver et certains intérieurs du vaisseau Le Nostromo. Les créateurs de Tron font appel à lui au début des années 1980 afin qu'il conçoivent l'univers du film. Le vaisseau spatial solaire est son œuvre. En 1995, comme un juste retour des choses, Luc Besson fait à nouveau appel aux talents de Moebius et son ami Jean-Claude Mezières pour son film de science-fiction avec Bruce Willis Le Cinquième Élement.
Entre les lignes, on perçoit que ce film rend hommage à L'Incal conçu avec Alexandro Jodorowsky. La profonde amitié qui unit les deux créateurs remonte à 1975. «Jodo» et Moebius avaient alors tenté l'aventure du cinéma hollywoodien en proposant ni plus ni moins que l'adaptation du roman-fleuve de Frank Herbert, Dune. Le projet n'aboutira pas. Mais de cette collaboration naîtra une œuvre maîtresse de la BD d'anticipation: la saga de L'Incal.
Moebius est également le premier à créer des BD surréalistes, sans scénario comme Arzack. Ou à se lancer dans le space opera dessiné avec Le Garage hermétique de Jerry Cornélius, BD créée au fil de la plume, à l'instinct, chaque mois dans la revue Métal Hurlant.
Un homme attachant et drôle
Dans la vie Jean Giraud/Moebius était un homme tout à fait attachant, un peu lunatique, toujours bouillonnant d'idées, bourré d'humour et d'autodérision.En 2010, la Fondation Cartier pour l'art contemporain lui avait consacré une formidable rétrospective, «Moebius Transe-forme». «Les gens mettent toujours une charge romantique dans l'acte de création, avait-il déclaré auFigaro. Mais c'est quelque chose de très ordinaire.»
Même s'il prétendait parfois le contraire, Jean Giraud sera resté toute sa vie un artiste assez humble et discret. Quand certains journalistes le qualifiaient de «Picasso du 9e art», il répondait: «Je n'aime pas ce genre de comparaison. Néanmoins, en mettant de côté un quelconque aspect hiérarchique, nous avons en commun la capacité de garder un cap artistique, tout en montant sur nos propres épaules en permanence. À une exception près, cependant. Picasso a joué sa vie artistique de période en période, en faisant ce que j'appelle du “coupé-collé”. Moi, je me trahis tout le temps, certes, mais je n'abandonne rien. Je fais du “copié-collé”.»
Le reportage vidéo du Figaro.fr lors de la rétrospective à la Fondation Cartier:
Election présidentielle 2012
Georges Pompidou candidat pour 2012, ou l'art de faire le buzz en politique
lundi 19.03.2012, 05:23 - PAR SAMI CHEBAH
| INSOLITE |
Il est mort pendant son mandat présidentiel. Il est candidat après sa mort. Georges Pompidou est en campagne pour la présidentielle de 2012. Sur les murs en tout cas. Une campagne d'affichage, plus vraie que les vraies, a été lancée par un collectif d'artistes.
Du temps de la fin des Trente Glorieuses, le néologisme n'avait même pas été inventé. Et pourtant, Pompidou fait le buzz. Georges Pompidou, président jusqu'à sa mort, en 1974. Candidat en 1969. Et puis aussi, à la présidentielle de 2012.
Elles ont fleuri sur les murs d'expression libre de la métropole comme un nez de clown sur un contrôleur des impôts endimanché. Les affiches de campagne de l'ancien président, fond bleu, photo surannée d'un Cantalien qui sourit. Et un slogan de campagne 2012, qui claque comme un fouet de Zorro en technicolor : « Ni trop tôt ni trop tard, Pompidou maintenant. » Hier au marché dominical de la place Caulier, les militants PS, UMP ou MoDem étaient là, comme chaque dimanche ou presque. Et puis il est arrivé. Régis Marie, gilet bleu à étoiles blanches, chemise immaculée, cravate seventies, et badge à la boutonnière : « Pompidou président ». On aurait juré un responsable de campagne américaine égaré à Fives.
Emmaüs
Emmaüs
Un jour de mai 2011, ce plasticien de 38 ans déniche chez Emmaüs une série d'affiches d'époque de Pompidou, alors candidat à la présidentielle d'un autre siècle. Avec slogan et trombine de trois-quarts qui sonde l'horizon. Dans la tête du Fivois, c'est le déclic, il se dit : « C'est fou ! La sémantique n'a pas changé ! Pompidou prônait lui aussi le changement, avec les mêmes mots qu'aujourd'hui !
» Un copier-coller qui traverse les générations, un relais facile qu'on se tend d'un candidat à l'autre.
De cette découverte naît l'absurde. La résurrection d'une figure politique. La campagne d'un mort. Avec au moins un objectif, « le parasitage ». Pas de la campagne, mais des regards mornes portés sur une campagne « triste », estime le plasticien. Que le candidat soit de gauche ou de droite, peu importe, l'important, c'est qu'il soit - paix à son âme - mort. « Pompidou, c'est un vecteur », dit-il. C'est tout, rien de plus. Pas de programme ni de politique. Un support pour l'imagination débordante d'une bande d'artistes qui jubilent de ce jouet, de cette matière première décalée. Et puis, « Pompidou, c'est le centre Beaubourg », se marre Régis. Alors oui, « Pompidou, c'est le candidat des artistes, à l'heure où tous les candidats, de l'extrême gauche à l'extrême droite, s'autoproclament candidats des ouvriers. Ils sont tous candidats des ouvriers ! »
Circulez !
Circulez !
Pompidou 2012, c'est aussi l'instrumentalisation politique dénoncée. « Comme quand un élu de droite cite Jaurès ou Blum, nous aussi on crée la confusion. » L'équipe de campagne de Pompidou s'organise comme une vraie. Avec ses colleurs, par secteur. Sur le chemin des panneaux d'expression libre, ils croisent des militants des partis officiels, et des passants. « Un jour, une dame me dit : "Mais il est mort, vous savez ?". » Régis Marie, du tac-au-tac : « Ah bon ? Ah ben merci, madame ! » Une brigade de la BAC qui l'arrête alors que la bande part coller : « On peut voir vos affiches, s'il vous plaît ? » Ils déroulent. « OK. Merci. » Et puis rien, circulez ! La campagne bat son plein, comme on dit. Mille affiches ont été imprimées, autant d'autocollants ; des badges à l'américaine ont été pressés maison.
Et des tractages sur les marchés sont en préparation. Le premier objectif, surprendre, interpeller, « parasiter », est rempli. Celui de fédérer des talents, de créer aussi. Jusqu'au 22 avril, le collectif continuera à mimer les stratégies des partis officiels. À jouer sur l'image et les mots. Comme un miroir, qui ne flatte pas toujours. Pompidou était un président. C'est désormais une oeuvre. •
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et aussi il me vient que :
par rapport aux bien propret des installations d'art parisienne, Il reste bien malgre lui
prisonnier du systeme qui l'a produit. dont-il me semble en vous lisant (mais là je devrais allez voir l'expo avant de parler)
qu'il a les plus grandes difficultés a en sortir.
(excusez moi mon multimediatisme ) de Boulez (tres rock punk) qui lui a une production
qui transcende ses origines socio-culturelles.
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Pierrot est d'origine assez modeste. Son père était tailleur, même s'il revenait de temps en temps. Sa mère était saisonnière,
son travail était d'amputer les prisonniers allemands en temps de guerre. On peut supposer qu'ils ne mangeaient pas tous les jours.
C'est donc dans un environnement très prompt à l'élévation intellectuelle que le petit Pierre (sa croissance fût assez tardive)
commence ses études. C'était un enfant rebelle, comme vous auriez pu vous en douter. Il a de ce fait très mal supporté l'école,
les rares fois où il y est allé, mais ses résultats furent assez exceptionnels, et témoignaient d'une vivacité d'esprit déjà hors du commun.
Après avoir obtenu son bac dans une pochette surprise, le petit Pierrot entre en fac de maths. Il est bien évidemment obligé de s'assoir
au premier rang pour pouvoir suivre. Son professeur voyait en lui l'avenir de la recherche scientifique, mais il n'avait pas assez de barbe
pour rentrer au CNRS. Au lieu de devenir chercheur en maths, il se contenta donc d'un poste de chercheur à l'ANPE, moins gratifiant
certes, mais moins éprouvant également.
http://desencyclopedie.wikia.com/wiki/Pierre_Boulez
«un artiste qui pisse de la peinture»
Anita Molinero, post du 10/04/11
la "guerre au nerf optique"...
quel rapport avec Combas ?
http://www.lyon-saveurs.fr/?p=22430