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dimanche 14 novembre 2010

L’incestueux marché de l’art contemporain

14/11/2010 | 11:04 | Judith Benhamou-Huet
http://blogs.lesechos.fr/article.php?id_article=4617 


Le marché de l’art des ventes publiques est à certains égards incestueux. Bien sûr aux vues des excellents résultats des enchères d’art contemporain cette semaine il apparaît que le monde entier ou presque – les chinois de la diaspora, les russes, les américains, les européens et certainement aussi quelques amateurs du Moyen Orient- cherche à acheter aux enchères. En période de crise les gens sont méfiants. Alors ils se réfugient dans la matière tangible ou considérée comme telle. L’art. Et dans le domaine de l’art contemporain les créations les plus "classiques", les plus célébrées. Illustration : entre 90 et 93% des lots ont été vendus chez Sotheby’s et Christie’s cette semaine. Cela ne reflète pas du tout le reste de l’activité, à New York, le « business » de l’art restant relativement ralenti dans les derniers mois. Car, autre effet d’une période d’incertitudes : les « consommateurs » se réfugient auprès des opérateurs qui offrent le plus haut niveau de transparence : les ventes aux enchères.

Pour peu qu’une œuvre contemporaine se retrouve sous le marteau en « Part 1 » (les enchères de prestige, des mois de mai ou novembre à New York) elle acquière une sorte de « force de loi » de la cote, devient starisée par le marché. Il existe ainsi une poignée d’artistes qui font l’actualité du marché et non de l’art. D’ailleurs il n’existe quasi plus d’actualité de l’art. C’est le marché qui compte pour parler des artistes. Les sommes sont tellement époustouflantes aux yeux du grand public qu’elles balaient toute autre problématique.

Hier une amie qui est prof en école d’art me racontait que les jeunes plasticiens font un rejet massif du phénomène. Dégoutés. Le même jour un ami artiste de New York qui expose dans le monde entier me disait qu’il était gêné chaque fois qu’une œuvre de lui passe aux enchères.Les prix sont massacrés tout simplement parce que ses galeries n’interviennent pas aux enchères pour soutenir sa cote. Explication : ces ventes aux enchères ont un impact mondial mais elles concernent un cercle d’artistes restreints et font intervenir des opérateurs habituels qui savent investir pour l’image de « leurs artistes ».
P Ségalot©jbh

La danse est menée par un petit groupe médiatique. Lundi dernier c’était Philippe Segalot qui organisait une vente d’art contemporain chez Phillips. Philippe est un personnage connu dans ce petit cercle mondial. Il est français , a d’abord travaillé chez le courtier Marc Blondeau avant de diriger les ventes d’art contemporain de New York puis de voler de ses propres ailes pour monter des collections privées. C’est clairement lui qui a propulsé les enchères d’art contemporain dans ce qu’elles ont de plus médiatique, de plus starisées. Notons que Ségalot collectionne aussi ce qu’il achète et ce qu’il vend. Ca n’est un secret pour personne. Il s’en justifie en disant que c’est une bonne manière de montrer son implication. 3 lots invendus sur 33 lots adjugés au total 104,8 millions de dollars. Soirée- succès pour lui ce 8 novembre. Il m’a confié que ce sont les 2 propriétaires russes de Phillips qui sont venus le chercher pour organiser l’opération. Simon de Pury a refusé de me parler de l’arrangement financier qui présidait à l’opération mais il est clair que chacun y a trouvé son compte.
Warhol©phillips

La star de l’opération était « Men in her life » une peinture de 1962 de Warhol allusion à la vie sentimentale d’Elisabeth Taylor en images répétées. Vendue par Jose Mugrabi, certainement le plus gros collectionneur au monde de Warhol qui a tout intérêt à ce que la cote de l’artiste soit soutenue. Réussi : 63,3 millions de dollars. Selon le New York times c’est le même Jose, par ailleurs très sympathique , qui a fait l’acquisition d’un Murakami. Citation traduite du NY times : « Une autre grande star lundi soir était une sculpture de Murakami « Miss KO2 » une sculpture grande de 6 pieds représentant une serveuse provocante, qui était estimée 4 à 6 millions de dollars. Jose Mugrabi, le marchand qui a vendu le Warhol, ne pouvait pas résister au besoin d’acheter, payant 6,8 millions de dollars ».

C’est le même Mugrabi, nous raconte encore le NY Times qui a fait l’acquisition d’un buste de l’excellent Maurizio Cattelan pour 2,4 millions de dollars. Que représente le buste ? Le portrait de Stephanie Seymour, épouse de Peter Brant, grand collectionneur de Warhol et ami de… Jose Mugrabi et relation de… Philippe Segalot.

Je me souviens : lorsque j’avais un jour montré ma surprise à Cattelan d’avoir réalisé le buste de Stephanie Seymour il avait souligné : « ca n’est pas une commande c’est moi qui lui ai proposé ce projet. Ca fait toute la différence ». Stephanie Seymour, ancien mannequin, connue pour avoir défilé pour la marque de sous vêtements Victoria Secret , pouvait ressembler à un trophée pour l’homme d’affaires, Brant. C’est ce que Cattelan a cherché à illustrer dans ce buste justement présenté comme un trophée de chasse.
Murakami était présent dans la salle nous dit encore le NY Times. Il n’avait pas peur de l’échec. Soulignons que le japonais est lui même collectionneur et qu’il a fait l’acquisition à la dernière foire de Bâle d’une sculpture du chinois Zang Huan.
McCarthy©Phillips
Parmi les 3 invendus, preuve qu’on ne peut pas assurer à 100% les bons résultats des enchères, un tableau de la super star Jeff Koons estimé 2,5 millions de dollars et une remarquable sculpture de Paul McCarthy représentant une grosse cochonne aux mamelles pendantes en train de dormir. La bête en silicone est activée par un moteur qui fait bouger son corps comme si elle ronflait. Saisissant. On pouvait voir l’animal au Palazzo Grassi chez François Pinault il y a quelques mois. « Mechanical pig » propriété de Stephen Edlis de Chicago n’a pas trouvé preneur à 2,5 millions de dollars.
Lichtenstein©jbh

Dans la catégorie records cette semaine était aussi nommé Roy Lichtenstein chez Christie’s avec une femme de cartoon lâchant un « ohhh..alright » en 1964 pour 42,5 millions de dollars. L’œuvre appartenait jusque là à une autre grande figure médiatique des enchères : Steve Wynn, propriétaire de casinos à Las Vegas. Il est aussi connu pour avoir donné un coup de coude à une de ses toiles signée Picasso « le Rêve » la transperçant alors qu’il devait la vendre pour dit –on 135 millions de dollars.

Record toujours avec un Calder de 1973 adjugé 6,3 millions de dollars le même jour . Il suffit d’avoir vu la rétrospective de Paris du sculpteur américain pour comprendre à quel point il s’agit d’un artiste important dans le siècle et dans le monde de la sculpture. Pourtant un record à 6,3 millions ça n’est pas grand chose. Le marché de l’art ne fait pas l’histoire de l’art. Il faut se le dire et se le redire.

Enfin je remercie Harry Bellet du Monde qui cite mon livre sur les records dans son article sur les records. « Notre consoeur Judith Benhamou-Huet, qui vient de publier Les OEuvres d’art les plus chères du monde (Editions du Chêne, 288 pages, 39,90 euros), va devoir réviser sa copie : des records sont à nouveau tombés ». Je m’empresse de réviser ma copie.
A très vite donc.

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