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lundi 28 février 2011

César 2011

LA COMÉDIE AU POUVOIR

Olivier De Bruyn

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Les nominations des César 2011 le prouvent : quelque chose bouge sur la carte de la comédie française, traditionnellement occupée par des films formatés et prévisibles. De 'L'Arnacoeur' au 'Nom des gens', de 'Mammuth' aux 'Invités de mon père', le déridage des zygomatiques obéit à de nouvelles lois. Décryptage.

« La comédie ? Il n'y a que ça qui marche. ». Dans le dictionnaire des idées reçues sur le cinéma français, la formule est usée jusqu'à la corde. Et pourtant... La prochaine édition des César, le 25 février, confirmera inévitablement les tendances du box-office 2010. Surprise : derrière le carton lacrymal des 'Petits mouchoirs', « grand » absent de la cérémonie, les films plébiscités, qui ont tous triomphé commercialement, échappent aux formules prémâchées. La preuve que le grand public n'est pas aussi prévisible qu'on le prétend.
'Des hommes et des Dieux', de Xavier Beauvois, immense favori après son élévation cannoise (Grand Prix) puis son divin succès (3, 2 millions de communiants), croisera ainsi sur sa route d'autres films atypiques. Par exemple, rayon « meilleur réalisateur », Mathieu Amalric ('Tournée'), ou, rayon « meilleur film », 'Gainsbourg, vie héroïque', le biopic original de Joann Sfar. Deux titres qui, malgré (ou grâce à) leur extrême singularité ont connu un important succès.

Et les comédies ? Elles sont partout et se portent plutôt très bien, merci pour elles. Encore faut-il s'entendre sur ce que l'on dépose sur l'autel du rire... 'Le nom des gens', fiction sur l'identité nationale et la rééducation politique par le sexe (« meilleur film », « meilleur acteur », « meilleure actrice », « meilleur scénario ») et 'Mammuth', road-movie en mobylette évoquant, entre autres, la retraite comme elle va mal (« meilleur film », « meilleur acteur », « meilleur scénario ») n'ont en effet strictement rien à voir avec les blockbusters made in France de la catégorie, dont les deux plus imposants représentants récents se nomment 'Camping 2', de Fabien Onteniente et 'Rien à déclarer' de qui vous savez.

Et les deux cas ne sont pas isolés. Dans des registres très variés, 'L'Arnacoeur', 'Potiche', 'Les émotifs anonymes' et 'Tout ce qui brille' squattent les nominations, après avoir affolé le box-office : 3, 7 millions d'entrées pour le premier, plus de deux millions pour le second, plus d'un million pour les deux autres. Se passerait-il quelque chose dans le paysage cinématographique français ? Incontestablement. Et l'on peut ajouter à la liste d'autres titres ('Les invités de mon père', 'Les femmes du 6ème étage'), qui, à leur manière, bousculent les us et coutumes. «La sélection des César est révélatrice, confirme Caroline Adrian, productrice du 'Nom des gens'. Pour la première fois, des comédies diverses, échappant aux recettes habituelles, sont représentées. Les choses bougent et c'est bien sûr positif.»

Privé de télé

Point commun entre tous ces films ? Fuir le formatage qui, en France, afflige la comédie plus que tout autre genre. Les chaînes de télévision, partenaires incontournables dans le financement, n'aiment en effet rien tant qu'attribuer des millions d'euros à des « gros » films destinés à distraire la nation. Objectif principal : produire des fictions qui, à l'heure de leur diffusion cathodique, réaliseront des cartons à l'audimat et permettront ainsi d'engranger les recettes publicitaires afférentes. Pour ratisser large et fédérateur, il s'agit de ne pas prendre de risques, d'engager des comédiens populaires et « sûrs ». Ces derniers, pour les décideurs, se comptent sur les doigts d'une
main. La preuve : 'L'Arnacoeur', comédie romantique insolente qui n'a toutefois rien d'un brûlot, a été produite sans les subsides des chaînes de télé. Motif : Vanessa Paradis et Romain Duris n'apparaissaient pas potentiellement « porteurs » pour une comédie. On se pince. Et surtout on s'interroge. Si Vanessa et Romain semblent trop underground, quid des autres ?
« Pour produire 'Le nom des gens', explique Caroline Adrian, nous n'avons été soutenus par aucune télévision hertzienne. Le scénario n'avait pas d'évidence commerciale aux yeux des chaînes privées. Et celles du service public étaient sceptiques devant l'aspect atypique et incorrect du scénario. Quand on sait que les autres sources de financement, par exemple l'avance sur recettes, sont réticentes face à la comédie et privilégient des films d'auteur plus clairement identifiables, on mesure le problème. »
Résultat : un budget dérisoire (3 millions d'euros), pour une excellente affaire commerciale. Le film de Michel Leclerc, avant même les César, a déjà séduit près de 800 000 spectateurs, soit quasiment le double de films a priori plus consensuels et beaucoup plus chers. Cas d'école : le désolant 'Donnant Donnant' d'Isabelle Mergault, avec Daniel Auteuil et Sabine Azéma, sorti un mois plus tôt.

Loin des usines à gags

Le triomphe de Michel Leclerc et de ses acteurs (Sara Forestier et Jacques Gamblin) n'est pas une exception. 'Les invités de mon père', la comédie grinçante d'Anne Le Ny sur la boboïsation des esprits a conquis 800 000 spectateurs. Idem pour 'Mammuth', le film mal-élevé du duo Kervern-Delépine et plus encore pour 'Tout ce qui brille' (1,3 millions d'entrées), la comédie sociale inspirée de Géraldine Nakache et Hervé Mimran. Des films en prise avec leur temps et qui ne sacrifient pas le « fond » de leur propos à une pure mécanique prétendument comique.
Sur le terrain de la comédie française ambitieuse, Pierre Salvadori, fils spirituel de Lubitsch, se sentit longtemps un peu seul... Ce n'est plus aussi vrai aujourd'hui. Interprétés par des acteurs de « poids » (Poelvoorde, Deneuve, Luchini...), 'Les émotifs anonymes' de Jean-Pierre Améris, 'Potiche' de François Ozon ou 'Les femmes du 6ème étage' de Philippe Le Guay se décarcassent pour faire œuvre singulière et soigner leur scénario, condition indispensable pour toute comédie digne de ce nom. Excellente nouvelle : le public suit, enchanté qu'on l'entraîne rire ailleurs que dans les usines à gags. À suivre.


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