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dimanche 28 août 2011

CINEMA: Le combat extraordinaire



INTERVIEW VALÉRIE DONZELLI ET JÉRÉMIE ELKAÏM

Le combat extraordinaire

Propos recueillis par Etienne Sorin
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Avec 'La Guerre est déclarée', film autobiographique sur le combat contre la maladie de leur fils, Valérie Donzelli et Jérémie Elkaïm ont fait sensation au Festival de Cannes. Rencontre avec un couple de cinéma plein d'audace.

Jérémie Elkaïm arrive en retard au rendez-vous, suant comme un bœuf. Il sort de quatre heures de cours de danse, une épreuve qui lui impose son ex-compagne, Valérie Donzelli, pour son prochain film déjà en préparation. Elkaïm y jouera un miroitier dont l'entourage rêve d'un destin de danseur. Pour la première fois depuis son premier film, 'La Reine des pommes', Donzelli n'interprète pas le premier rôle féminin à ses côtés. La réalisatrice lui a trouvé une partenaire de choix : Valérie Lemercier. En attendant le premier jour de ce nouveau tournage, le duo enchaîne les avant-premières aux quatre coins de l'Hexagone et les entretiens aux quatre coins de Paris pour parler de 'La Guerre est déclarée'. Et, si l'on en croit Elkaïm, ils ne semblent pas encore usés par l'exercice : « On essaye de ne pas se répéter et, en faisant cet effort là, on découvre des choses nouvelles sur le film. »

Lire la critique de 'La Guerre est déclarée'.



Faire un film sur la tumeur au cerveau d'un enfant de 18 mois, c'est assez délicat. À plus forte raison quand le film est autobiographique. À quel moment vous êtes-vous dit : « Notre histoire peut devenir un film » ?

Zoom
Valérie Donzelli : Je crois que la crainte du pathos n'est pas liée au fait que l'on ait vécu ensemble cette histoire. Quand on l'a vécue, on n'était pas dans le pathos. On avait surtout envie de ne pas faire un film qui soit une prise d'otages pour le spectateur.

Jérémie Elkaïm : Souvent dans les films sur la maladie, on cherche à montrer la dignité des malades. On n'a jamais voulu faire ça parce que jamais il n'a été question pour nous de traiter la maladie. On voulait raconter une histoire d'amour, celle d'un couple de jeunes parents. Sans ça, c'est compliqué de trouver la bonne distance et la ligne du film. Là, ça nous permettait de faire un objet intime et en même temps fort, puissant, intense, qui ne met pas que par terre. Pour notre génération, dénuée de combat idéologique, de désir de changer le monde, avoir à mener un combat permet d'évacuer les peurs existentielles, on arrête de se trifouiller le nombril. L'énergie que demande un moment pareil est aussi une source d'inspiration. On s'est donc dit qu'on allait faire un film d'énergie.

VD : Mon premier désir était de faire un film d'action, physique, dans le mouvement. Comme une course. Je n'ai pas perçu l'émotion en écrivant le scénario, c'était d'autant plus difficile à évaluer pour nous qui avions connu ça de près. Quand le film se met en place avec les acteurs, la musique, le montage, l'émotion surgit sans qu'elle soit rattachée à notre histoire personnelle.


Vous dites : « Le cinéma n'exorcise rien »…

VD : Oui. Je crois qu'on vit les choses et qu'on les digère, mais elles restent là et font partie de notre vécu. Mais ce qui est plaisant avec le cinéma, c'est de dire quelque chose d'intime et de partager sa vision du monde. D'exprimer quelque chose qu'on a en soi et de laisser une trace aussi, ce qui est valable pour tous les films.

JE : Si on dit qu'on a fait le film dans le désir d'exorciser quelque chose, ça ne marche pas ; mais évidemment que le film a cette vertu là. Ce n'est pas l'objectif, il n'y a pas de désir de résilience, on ne se dit pas : « Plutôt que de faire une thérapie, on va faire un film. »


Avez-vous hésité à confier les rôles de Roméo et Juliette à d'autres comédiens ?

VD : Pour Roméo non, j'ai toujours voulu que ce soit Jérémie. Pour Juliette, oui, j'avais un peu peur de jouer, de ne pas avoir assez de recul, de me mettre en scène dans un registre d'émotion forte, de ne pas avoir de bouclier. Dans 'La Reine des pommes', je joue un personnage de comédie derrière lequel je peux me cacher. Mais je n'arrivais pas à mettre quelqu'un en face de lui et je sentais que ça allait poser un problème avec une autre actrice. On voulait montrer un couple dans son intimité et je savais que l'intimité qui nous liait dans la vie allait transparaître. Un jour, j'ai entendu Alain Cavalier parler de son envie de faire un film sur un couple, le filmer dans son quotidien. Je trouvais ça beau et ça m'avait marqué.


C'est le troisième film, après 'La Reine des pommes' et 'Belleville Tokyo', réalisé par Elise Girard, dans lequel vous interprétez un couple. Avez-vous conscience de créer un couple de cinéma ?

Zoom
VD : On en a conscience puisqu'on travaille ensemble et qu'on a du plaisir à le faire.

JE : Elise Girard nous a choisis pour ça, mais je ne sais pas si on en a vraiment conscience. Cela dit, on a un projet de comédie de remariage… Il y a quand même toujours chez nous l'idée de personnages boiteux qui ont l'autorisation de réinventer les choses. 'La Guerre est déclarée' raconte aussi que leur couple ne peut plus exister comme avant mais qu'il trouve un terrain d'entente supérieur.


Vous dites donc : « Pour que leur enfant survive, leur couple doit mourir »…

VD : Il ne faut pas le comprendre comme un sacrifice. C'est plus le fait que leur énergie est tellement projetée vers leur enfant que ça les pompe. Après un événement pareil, ils sortent un peu boiteux de cette histoire et ils ne peuvent pas être dans une vie de couple normale.

JE : Ils ne peuvent plus être dans la norme. C'est une question qui nous intéresse vachement. Est-ce que le schéma que nous offre la société est obligatoire ? Quand on vit des choses, ça décale. Et ce décalage a des conséquences un peu partout.


Pour préparer le film, avez-vous revu des films sur la maladie ou le cancer : 'Le petit prince a dit', 'La gueule ouverte' ou 'Ceux qui restent'… ?

VD : Non, aucun. En revanche, sur les conseils de Jérémie, j'ai regardé 'Full Metal Jacket' de Kubrick, que je n'avais pas vu. Il y a cette scène à l'hôpital où Juliette sort pour faire un rapport à toute la famille alignée comme une patrouille, un commando prêt à monter au front…
On les appelait « les petits soldats » !


Il y a aussi l'idée que Roméo et Juliette en savent plus que leurs parents, ils les dépassent…

Zoom
JE : Ce n'est pas les « dépasser » au sens d'être supérieurs à eux, mais au sens où ils s'éloignent d'eux. Pour les parents, il n'y a plus de projection possible puisque leurs enfants vivent quelque chose qu'ils n'ont pas vécu eux-mêmes.

VD : Les parents ne peuvent plus leur donner de conseils. Normalement, leur maturité fait qu'ils ont vécu plus de choses que leurs enfants mais là, ils n'ont pas cette expérience et sont obligés de s'en remettre à eux.


Le titre, 'La Guerre est déclarée', vous l'avez trouvé dès le début ?

VD : Non, Le premier titre était 'Désordres'.

JE : Il contenait l'idée que pour un jeune couple, avoir tout simplement un enfant provoque un désordre absolu. C'est un sujet un peu tabou parce que tous les parents se sentent obligés de dire qu'ils sont très heureux alors qu'il n'y a rien de plus casse-couille. On se disait que Roméo et Juliette allait vivre se désordre là, plus un deuxième… Mais, de façon paradoxale, l'événement malheureux les rapproche plus que l'événement heureux.

VD : Edouard Weil, le producteur, a voulu qu'on le change, donc on a cherché dans le scénario parce que j'étais sûr qu'il se trouvait dedans. Et Jérémie l'a trouvé.

JE : Valérie a dit : « Moi j'aime bien quand le titre est prononcé par les comédiens dans les films. » Voilà comment on est tombé d'accord sur 'La Guerre est déclarée', qui est une réplique prononcée par Juliette.


Le film est très musical. Comment avez-vous choisi les chansons ?

Zoom
JE : Ce qui est génial avec la musique, c'est que ce n'est pas intellectuel, c'est épidermique. Ça peut facilement illustrer un état et Valérie aime bien écouter des musiques en écrivant. Pas forcément pour les garder dans le film, mais pour s'en inspirer. On a écouté pas mal de morceaux et la plupart sont restés.

VD : Par exemple, « L'hiver » de Vivaldi, c'est en l'écoutant que j'ai écrit la scène de l'annonce de la maladie à la famille. Même chose pour le générique de « Radioscopie », composé par Georges Delerue, cette espèce de bulle de bonheur qui fait très 'Martine à la plage.' D'autres morceaux sont venus après, comme « Blind », du groupe punk Frustration. Je comprends que certains films n'en aient pas besoin mais j'adore la musique au cinéma, ça transcende les émotions.


La chanson « Ton grain de beauté » est la seule que vous avez écrite et que vous interprétez…

VD : On cherchait une chanson, mais on ne trouvait pas. Un jour, j'ai eu de l'inspiration et je l'ai écrite. C'est la seule que l'on chante parce que c'est le seul moment où Roméo et Juliette parlent de sentiment… Ce n'est pas pour rien que Christophe Honoré a fait un film qui s'appelle 'Les Chansons d'amour', les chansons c'est une façon juste au cinéma d'incarner les sentiments.

JE : Dans cette séquence, on sort juste de l'annonce de la maladie et la première pulsion de Roméo et Juliette est de se dire qu'ils s'aiment. On voulait créer une rupture et prendre le spectateur de cours.


Comment avez-vous vécu la formidable réception du film au dernier festival de Cannes ?

VD : On ne s'attendait pas du tout à ça, donc c'était assez émouvant. On avait le sentiment que les gens, par leur accueil, faisaient le film autant que nous.

JE : J'avais la sensation que les gens voulaient rentrer dans l'écran pour être avec les personnages et les aider… Le film nous échappe, il appartient à tout le monde. Si je devais avoir une petite inquiétude, ce serait d'avoir créé un objet consensuel… Mais je crois qu'on a vraiment fait le film qu'on voulait faire. J'aime beaucoup la phrase de Truffaut : « Les films doivent être furieusement personnels ». Ce que j'entends là dedans, c'est qu'on ne peut pas faire l'économie de soi quand on fait un film. Et quelque soit le film que l'on fait, on se raconte dedans. Aussi bien Sam Raimi avec 'Spiderman' que Valérie Donzelli avec 'La Guerre est déclarée'.


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