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samedi 8 janvier 2011

INTERVIEW DE LOUIS-HENRI DE LA ROCHEFOUCAULD

http://www.evene.fr/livres/actualite/interview-de-louis-henri-de-la-rochefoucauld-2985.php


La croisière, sa muse

INTERVIEW DE LOUIS-HENRI DE LA ROCHEFOUCAULD

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À 25 ans, Louis-Henri de la Rochefoucauld, lointain descendant du duc moraliste, marque cette rentrée littéraire de janvier avec 'Un smoking à la mer' (éd. Léo Scheer), la poursuite improbable de l'amour par une cantatrice sur le retour. Un roman d'aventure fantaisiste et mordant.

Pourquoi, alors que se préparent les fêtes de fin d'années, une femme de soixante ans décide-t-elle de larguer les amarres pour s'embarquer dans une croisière organisée en direction des Caraïbes ? Pour se détendre un bon coup dans l'espace jacuzzi, spa et bains d'algues du paquebot ? Pour réunir des jolis souvenirs à la pelle à mettre sous le sapin ? L'héroïne d'Un smoking à la mer répondrait franchement : plutôt mourir. Cette Emily Marquises au nom prédestiné, ancienne cantatrice de cabaret d'origine polonaise, part pour disparaître, loin des dîners mondains et des vaines discussions politiques, et elle ne pense pas une seconde à envoyer des cartes postales. Ce qu'elle n'imaginait pas, c'est qu'elle pourrait bien renaître en rencontrant un véritable frère spirituel en la personne de Vittorio, le pianiste du bar, jeune musicien prodige, abandonné à sa naissance et élevé par un vieux fou romain.
« Mes personnages ne sont aucunement inspirés de Jean-François Copé », répond parfois Louis-Henri de la Rochefoucauld avec un art savant de la litote lorsqu'on lui demande d'où viennent ces extravagants, qui n'ont d'autre choix que de s'isoler dans leur monde pour vivre à plein tube leurs folies intérieures. Car ce qui réunit ces deux oiseaux de nuits, asociaux et hilarants, échoués sur le pont du navire de la vie, ce n'est pas que le goût de l'alcool. Ces « grands enfants malades », mi-moines mi-artistes, ni divas ni pontifiants, se racontent les rebondissements des histoires familiales insensées qui les ont amené jusque là, partagent leurs rêves et leurs désespoirs, rivalisent dans l'art du jeu de mot comme de la fuite.
Après le portrait mythomane de Lewis dans son précédent roman paru en janvier 2010, Louis-Henri de la Rochefoucauld signe ici l'un des romans les plus fantaisistes et brillants de cette rentrée, un de ceux où l'on entend le plus fortement une voix et une sensibilité, et auprès de qui l'on a pas peur de se laisser embarquer dans les mers du Sud.


Emily Marquises, une ancienne cantatrice de soixante ans arborant crânement une banane de cheveux blancs, rencontre lors d'une croisière organisée aux Caraïbes un pianiste italien amateur de fuite en scooter des mers : d'où vous viennent ces excentriques personnages ?

Emily, c'est un peu Sagan relookée. Vittorio, le pianiste, un mélange entre Christophe, Sébastien Tellier, François de Roubaix et les personnages d'Oscar Wilde ou de Stevenson. Le premier héros du roman moderne, c'est quand même ce zinzin de Don Quichotte, un type qui ne nous bassinait pas avec une vie sentimentale lambda ou Europe Ecologie, toutes ces choses ternes. Chez les autres, mes héros préférés sont toujours à leur façon des chevaliers errants, des inadaptés lancés dans des quêtes improbables à travers le vaste monde. Même Modiano, dans un registre plus feutré, pas du tout loufoque, ses narrateurs sont à chaque fois des marginaux, sans famille, qui traînent la nuit et croisent quelques silhouettes irréelles dans un Paris totalement réinventé…


Vous enchaînez les dialogues absurdes, le récit de destins improbables et les facéties brillantes : on sort vite du cadre du roman réaliste auquel on est parfois habitué. 'Un smoking à la mer', est-ce un roman, un conte, ou tout autre chose ?

Je sors rarement de chez moi donc il me serait difficile d'écrire un roman de 700 pages qui décrypterait avec acuité la Tanzanie d'aujourd'hui. Et Paris, les appartements à moulures et les Vélib', ça ne me passionne pas beaucoup. Où vaquer, dès lors ? Eh bien pourquoi pas dans un paquebot de croisière, un décor assez étrange, un peu nulle part, pas réaliste, ailleurs… Ailleurs, c'est quand même la terre d'accueil du roman, qu'on l'appelle « pays des merveilles », « vert paradis de l'enfance », « autre côté du miroir » etc… Là-bas, en effet, tout tourne vite au conte – il n'y est surtout pas question de la dernière actu du Twitter de Manuel Valls.


Vous réagissez à un certain esprit de sérieux de la littérature contemporaine ?

Nicolas Gogol, son premier livre, il le publie sous pseudo, en se faisant passer pour un apiculteur. Une nouvelle comme 'Le Nez', c'est du délire : un type se réveille, il n'a plus de nez, puis il le croise dans la rue, emmitouflé dans une cape de Conseiller d'Etat ! Mais Gogol, c'est aussi 'Le Portrait', splendide nouvelle où l'art côtoie la mystique. Beaucoup d'auteurs sont uniquement sérieux et pontifiants – graves, dans tous les sens du terme. Le roman, me semble-t-il, c'est une oscillation permanente entre la mystique et la créativité débridée, la dépression et la digression, la quête de sens et l'exploration du non-sens, en tout cas pas l'enlisement dans le sérieux, le récit de névroses à froid, le poing sentencieusement dressé, les leçons de morale…


Vos personnages vivent, dites-vous, sur la « rive de l'improvisation ». Le flot de ces histoires semble parfois pris par un élan improvisé, est-ce voulu ?

Quelques mois avant sa mort, Jacques Chessex avait confié à un ami auteur : « Les trucs les plus importants que j'ai écrits, c'est en m'en remettant à mon idiotie. Le pire danger, c'est de ne pas faire confiance à son idiotie. C'est elle qui nous guide. C'est elle qui nous fait écrire. » La pose et les calculs n'ont rien à faire dans l'écriture. Il est bon de se laisser porter par la fantaisie et l'intuition, quitte à ce que ça devienne n'importe quoi… 'Mon oncle Oswald' de Roald Dahl ou Un privé à Babylone de Brautigan ont visiblement été écrits dans cet état de liberté euphorique, et ce sont des romans merveilleux.


Derrière leurs atours de beaux parleurs comiques, et à travers leurs rôles d'associables chroniques, on lit dans vos personnages un énervement – ou du moins une profonde mélancolie – face au monde actuel, qui souffre selon vous d'une « grande extinction de voix ». Qu'est-ce que ces personnages fuient au juste ?

Je ne sais pas… Il est vrai que derrière ses effets de manche comiques, ce livre est aussi une sorte de tragédie – je deviens bien pompeux, désolé. Ça n'est pas un énervement, plutôt une tristesse fatiguée. Il y a cette phrase de Baudelaire, connue comme le loup blanc : « Cette vie est un hôpital où chaque malade est possédé du désir de changer de lit. » Le problème, ce n'est pas le spleen de Paris, la société, le mal du siècle ou la génération perdue. Mais la vie, tout simplement. Les romans peuvent alors servir d'opiacés, permettre de décoller de toutes les déceptions qui plombent l'existence. Et de voyager – n'importe où hors du monde.


Propos recueillis par Victor Pouchet

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